Amadou L. Sall prône un "Congrès de l'Humanité"

HOMMAGE A SENGHOR

Amadou L. Sall prône un "Congrès de l'Humanité" 

De la Civilisation de l’Universel à la mondialisation ; convergences et ruptures. C’est le thème de la conférence sur Senghor organisée le mardi 28 mars à la salle de conférence de l’Ucad II (Université Cheikh Anta Diop). Destinée aux élèves et animée par d’éminents intellectuels, cette conférence s’inscrit en même temps dans le cadre de la Quinzaine de la Francophonie et dans celui du Centenaire de la naissance du président-poète. Elle est initiée par la Commission nationale pour la Francophonie au Sénégal dont Mame Fatim Guèye est la Secrétaire générale.

 

«La mondialisation n’est pas la Civilisation de l’Universel tel que le pensait Senghor ; elle est son côté plutôt démoniaque, moins politique, cruellement réaliste, beaucoup plus matérialiste, moins enchanté». C’est en substance ce qu’a déclaré Amadou Lamine Sall, surnommé le «fils spirituel de Senghor». Une sorte de réponse brute apportée au thème du jour : De la Civilisation de l’Universel à la mondialisation ; convergences et ruptures. L’intitulé, selon l’universitaire Mamousé Diagne, modérateur du jour, est révélateur d’un enjeu fondamental dans le sens où «nous sommes dans un monde globalisé» a-t-il dit dans son introduction.

 

Pour bâtir une société civilisée où se forme une opinion libre, éclairée, Amadou Lamine Sall prône un préalable impératif. «Il nous faut restaurer l’idée d’un congrès de l’Humanité, poursuivre une nouvelle utopie et un nouvel idéal.» a-t-il soutenu. Et d’expliquer par ailleurs : «là où le monde ne répond plus aux questions de l’âme, la poésie, elle, y répond, et c’est par là que Senghor répond aux questions du monde. C’est par là qu’il a anticipé sur les questions du monde (…). L’investissement sur l’esprit sera le premier investissement économique de notre Civilisation et cela, très tôt, Senghor l’avait compris.»

 

En ouvrant le débat, Abdoulaye Racine Senghor a abordé le sujet chronologiquement : du terroir à l’Universel. Le terroir ici c’est le Royaume d’enfance, qui part de Djilor à Joal, village natal de Senghor. C’est dans ce lieu aussi «extrêmement riche» que Sedar a forgé sa réflexion et bâti les premiers germes de sa poésie. «Sa poésie est enceinte de ce territoire » a dit Abdoulaye Racine Senghor. Alors que le Royaume d’enfance reste circonscrit dans les îles du Saloum, l’Universel, pour Senghor, revêt plusieurs dimensions : la Négritude, entre autres. Par la même occasion, Abdoulaye Racine Senghor, parlant du concept de convergences, indique qu’il s’agit d’une civilisation vers laquelle tend le 21è siècle. Qui se fonde sur la «diversité culturelle» et non sur une «unification culturelle». Entendu, selon lui, que la Civilisation de l’Universel c’est de «mettre ensemble ce que les uns et les autres peuvent apporter». Avec, toutefois, le minimum de respect des uns et des autres.

 

C’est en présence d’un public assez considérable composé essentiellement d’élèves que Abdoulaye Racine Senghor, Amadou Lamine Sall et le Pr. Seydou Kassé ont, à tour de rôle, exposé sur le thème sous la modération du Pr. Mamoussé Diagne, enseignant au département de Philosophie de l’Université de Dakar. Mais aussi en présence de Recteur, Abdou Salam Sall, de Mame Fatim Guèye, ambassadeur de la Francophonie et du représentant du Consulat général de la France au Sénégal.

 Cheikh Seydi BODIANSource : http://www.sudonline.sn/culture.php

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